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  L’ Indicateur du Renouveau
Gamou et Acharatoumane a paris, pour renforcer le dispositif sécuritaire de menaka

Une diplomatie parallèle
Au moment où les attaques contre les forces en présence, les enlèvements et des exactions en tout genre commis au nom de la charia (loi musulmane), se multiplient au nord de notre pays, l’Etat central brille par un silence qui le rend du coup coupable d’indifférence à des rencontres diplomatique menées par des leaders de groupes armés.

Après la visite au président tchadien, Idriss Déby Itno, de la délégation du Mouvement national de libération de l’Azawad, conduite par son secrétaire général Bilal Ag Chérif, effectuée le vendredi 10 mars dernier, c’est le tour du général Ag Gamou, chef militaire du groupe d’auto-défense touareg Imghad (Gatia), Moussa Ag Acharatoumane, chef du mouvement pour le salut de l’Azawad et l’ancien gouverneur de la région de Kidal et aujourd’hui ambassadeur du Mali à Niamey de se rendre à Paris.

Cette visite, apprend-on de source médiatique, a pour but de rencontrer des responsables militaires et politiques afin de demander un plus grand soutien à leurs patrouilles mixtes hybrides.

« Nous avons rencontré des agents de la Défense pour des échanges informels, mais aussi des membres des affaires étrangères et tous ceux qui suivent le dossier Mali » affirme Moussa Ag Acharatoumane, chef du MSA. La composition d’un nouveau gouvernement en France ne semble rien changer à la donne. « Il y a des personnes qui ne changent pas dans ces deux ministères et qui suivent toujours le dossier malien » assure Acharatoumane.

Depuis quelques semaines maintenant, les deux mouvements armés et les forces armées maliennes (FAMA) mènent des opérations pour sécuriser la zone de Ménaka et juguler les attaques récurrentes des djihadistes ou des bandits armés.

Des mesures ont été prises pour réguler la circulation des véhicules et des engins à deux roues, parfois très utilisés par les malfaiteurs pour commettre leurs exactions. La toute nouvelle région est l’une des rares avec Tombouctou où les autorités intérimaires ont déjà commencé à travailler conformément aux missions qui leurs sont assignées. A deux mois, des élections régionales prévues en juillet 2017, l’aide extérieure ne serait pas de trop face à la menace toujours pressante des djihadistes.

Et en particulier, Adnane Abou Walib, ancien membre d’Aqmi qui a depuis prêté allégeance à l’État Islamique, et qui menace de perturber le processus électoral et par extension l’accalmie qui règne à Ménaka.

Face à la recrudescence des attaques dans le Nord, et à la lenteur dans la mise en place de l’accord de paix, les différents mouvements armés de la région de Ménaka ont décidé d’unir leurs forces pour y apporter de la quiétude. Les protagonistes de cette initiative sont en France pour obtenir du soutien de la part des autorités française engagées militairement au Mali depuis 2013.

L’on est en droit de s’interroger sur ce ballet diplomatique des ex-rebelles qui, normalement, devraient s’abstenir de toutes activités du genre à créer à la confusion.

Pour mémoire, la première fois qu’une délégation du MNLA a été reçue par le roi du Maroc, une véritable polémique s’en était suivie. A la suite de cette rencontre avec les autorités, une porte a été ouverte pour le MNLA sur le Kremlin (siège de la présidence de la Fédération de Russie) avec à la clé des propositions de vente d’armes.

Comme si cela ne suffisait pas, Ag Gamou vient d’ajouter la goutte d’eau qui devrait normalement faire déborder le vase.

Eu égard à tout ce qui précède, l’on est fondé de dire qu’une diplomatie parallèle a bien vu le jour au Mali.

M.D

Du 18 Mai 2017

 

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