Madagascar : Rajoelina menace de quitter les négociations d’Addis Abeba (AFP)
ADDIS ABEBA — L’actuel homme fort de Madagascar, Andry Rajoelina, a menacé dans la nuit de jeudi à vendredi de quitter les négociations sur le partage du pouvoir à Addis Abeba, si les acquis des précédentes réunions n’étaient pas respectés.
M. Rajoelina est notamment mécontent que son statut de président de la transition, déjà entériné par la communauté internationale, soit remis en question par certaines des autres mouvances politiques malgaches représentées.
Jeudi tard dans la soirée, il a quitté la salle de réunion au siège de l’Union Africaine (UA) qui dirige la médiation : "s’ils ne veulent pas de ma présidence, ils sont les responsables" du blocage, a-t-il dit, avant de s’engouffrer dans une voiture.
Dans un communiqué, M. Rajoelina a ensuite expliqué que sa mouvance était "plus que jamais déterminée à poursuivre toutes les démarches pour une issue de crise au nom de l’intérêt supérieur de la Nation". Mais, selon lui, le respect "des acquis" de la réunion du Groupe International de Contact (GIC) le 6 octobre, qui avait validé M. Rajoelina à la présidence de la transition, doivent être respectés.
"Tous les sujets qui remettent en cause les acquis sont tout simplement inacceptables. Ainsi, pour éviter une perte de temps inutile, nous déclarons ne pas poursuivre les discussions jusqu’à la reprise d’un vrai débat, lequel devait porter essentiellement sur les répartitions logiques, cohérentes des postes des institutions de la transition", conclut le texte. "Nous avons perdu deux journées entières dans des tergiversations inutiles", a déploré M. Rajoelina, qui a demandé "solennellement et formellement aux médiateurs de faire revenir l’ensemble des parties à la raison".
"Après cette fin de soirée en queue de poisson, due à l’intensité des négociations (...), les protagonistes doivent se ressaisir et conclure sur une note d’espoir", a dit jeudi soir à l’AFP le médiateur de l’UA Ablasssé Ouedraogo, espérant une reprise des discussions vendredi matin. La médiation a décidé de prolonger de 24 heures les négociations, qui avaient commencé mardi et devaient initialement se terminer jeudi. Débuté le 3 novembre, le sommet de Maputo réunissant M. Rajoelina, le président évincé Marc Ravalomanana ainsi que les deux anciens chefs d’Etat Didier Ratsiraka et Albert Zafy, visait à répartir les postes au sein des institutions de Transition, suivant un accord signé le 9 août à Maputo.
Selon M. Zafy, "même si nous sommes trois (mouvances seulement), on va reprendre. Ce n’est pas nous qui l’avons chassé, il (Rajoelina) est parti de son plein gré", a-t-il noté.
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Madagascar : Bruxelles menace de suspendre son aide
L’Union européenne a menacé de suspendre 630 millions d’euros d’aide à Madagascar si les dirigeants politiques n’arrivent pas à un compromis sur l’attribution des postes de la transition. Dans un courrier adressé au président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, le commissaire européen pour l’Aide au développement, Karel de Gucht, a rappelé que « le délai de cent vingt jours » pour que les parties malgaches arrivent à une solution expirait ce jour, selon une source diplomatique occidentale citée par l’AFP.
Cette période visait à permettre « à toutes les mouvances malgaches de se mettre d’accord sur un processus politique assurant une transition neutre, inclusive, pacifique, consensuelle telle que définie par les accords de Maputo », signés le 9 août dans le cadre de la médiation africaine.
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Centrafrique : CPI ; ouverture du procès de Jean-Pierre Bemba le 27 avril 2010 (AFP)
LA HAYE — Le procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité de l’ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba s’ouvrira le 27 avril 2010 devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, a annoncé jeudi celle-ci. "La Chambre de première instance III de la Cour pénale internationale (CPI) a fixé la date d’ouverture du procès dans l’affaire Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo au mardi 27 avril 2010", a indiqué la CPI dans un communiqué.
Jean-Pierre Bemba, 47 ans, est accusé notamment de meurtres, viols et pillages commis par sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), entre octobre 2002 et mars 2003 en Centrafrique. La milice était venue y appuyer le président centrafricain de l’époque, Ange-Félix Patassé, pour contrer un coup d’Etat.
Une juge de la CPI avait ordonné le 14 août la libération provisoire de M. Bemba dans l’attente de son procès mais ordonné son maintien en détention à La Haye tant que la Cour n’aurait pas décidé quel Etat l’accueillerait.
Le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo avait immédiatement interjeté appel de cette décision. Le 3 septembre, la remise en liberté provisoire de M. Bemba a été suspendue par la chambre d’appel, dans l’attente d’une décision sur le fond.
Des audiences destinées à recueillir les "observations" de six Etats (Belgique, France, Portugal, Italie, Allemagne et Afrique du sud) proposés par M. Bemba pour l’accueillir, et à déterminer les conditions de son séjour sur leur territoire, ont été reportées.
Jean-Pierre Bemba, qui a fui la RDC en avril 2007 après avoir perdu la présidentielle de 2006 face au président actuel Joseph Kabila, avait été arrêté le 24 mai 2008 à Bruxelles par les autorités belges en exécution d’un mandat d’arrêt délivré par la CPI. Il avait été remis à la Cour et transféré à son siège à La Haye le 3 juillet 2008.
Au cours des audiences de confirmation des charges du 12 au 15 janvier, ses avocats avaient exclu toute responsabilité de l’ancien vice-président congolais dans les crimes commis par sa milice. Ils avaient mis en cause l’ex-président centrafricain Ange-Félix Patassé. Le procès de Jean-Pierre Bemba devrait être le troisième procès de la CPI, le premier tribunal international permanent chargé de juger les auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocides.
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Guinée : plusieurs chefs de l’opposition préfèrent rester à l’étranger (AFP)
DAKAR — Plusieurs dirigeants de l’opposition en Guinée, craignant pour leur sécurité à Conakry, ont prévu de rester à l’étranger, après avoir présenté mercredi à Ouagadougou leurs propositions de sortie de crise au médiateur Blaise Compaoré, a-t-on appris auprès d’eux.
"Nous préférons nous mettre d’abord à l’abri, pour ne pas risquer notre vie en Guinée, où n’importe qui peut faire n’importe quoi", a expliqué à l’AFP l’ancien Premier ministre, Cellou Dalein Diallo (Union des forces démocratiques de Guinée, UFDG), joint au téléphone depuis Dakar. M. Diallo devait quitter Ouagadougou jeudi soir à destination de Paris, tout comme l’ancien chef de gouvernement Sidya Touré (Union des forces républicaines, UFR). François Lonsény Fall (Front uni pour le changement démocratique, Fudec) était déjà arrivé jeudi soir à Abidjan. Alpha Condé (Rassemblement du peuple de Guinée, RPG), absent de la Guinée depuis plusieurs mois, a quant à lui préféré se "reposer" quelques jours à Ouagadougou, avant de partir vers une destination qu’il n’a pas annoncée. L’un des leaders de l’opposition a déclaré à l’AFP, sous couvert de l’anonymat : "on ne se mettra pas dans la gueule d’un loup affamé".
"Nous allons continuer le combat, même à l’étranger, pour sauver le peuple de Guinée en détresse, prise en otage par une bande armée, auteur des pires massacres de l’histoire de notre pays", a-t-il ajouté. Le président burkinabè Blaise Compaoré avait été nommé médiateur dans la crise guinéenne après le massacre d’au moins 150 manifestants de l’opposition, perpétré le 28 septembre à Conakry sous le commandement d’officiers de la garde présidentielle.
La junte a été internationalement condamnée après cette répression sanglante d’une manifestation d’opposants qui disaient "non à la dictature" et "non" à l’éventuelle candidature de Dadis à la présidentielle. Les émissaires de l’opposition guinéenne avaient remis, mercredi, au président burkinabè leurs propositions de sortie de crise. Ils demandent le départ du pouvoir du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, et la mise en place d’"une autorité de transition" pour six mois.
M. Compaoré devrait ensuite recevoir une délégation de la junte, "mardi prochain", selon un de ses proches. A Conakry, une source proche de la junte a indiqué jeudi : "nous, nous sommes prêts à la discussion, mais entre Guinéens". "Le problème guinéen est un problème qu’on peut facilement règler entre Guinéens. Il suffit que chacun de nous soit réaliste. Mais dire qu’il faut absolument que le chef de l’Etat parte est une atteinte à la sûreté de l’Etat", a affirmé cette source.
"De toutes façons, de quels moyens disposent-ils (les opposants) pour faire partir le président (Dadis Camara) ? Arrêtons de gesticuler et allons à l’essentiel", a déclaré cette source.
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Zimbabwe : Tsvangirai suspend son boycott du gouvernement d’union De Joshua HOWAT BERGER (AFP)
MAPUTO — Un mini-sommet de l’Afrique australe a relancé jeudi le gouvernement d’union nationale du Zimbabwe, le Premier ministre Morgan Tsvangirai ayant accepté de reprendre le travail avec le président Robert Mugabe après trois semaines de paralysie.
"Nous avons suspendu notre retrait du gouvernement", a annoncé M. Tsvangirai à l’issue de ce sommet de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) organisé dans la capitale du Mozambique, Maputo. Les différentes parties du gouvernement d’union vont discuter pendant les quinze prochains jours des points litigieux qui empoisonnent leurs relations, a-t-il dit aux journalistes. "Toutes les questions devront être résolues dans les 30 jours", a-t-il poursuivi, sans préciser quelle attitude il adopterait en cas d’échec. Robert Mugabe, 85 ans et au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980, a pour sa part quitté les lieux sans faire de commentaire. Les anciens rivaux ont formé en février une coalition pour sortir leur pays d’une grave crise née de la défaite historique du parti présidentiel aux élections générales de mars 2008. Ils ont collaboré pendant huit mois et obtenu des avancées, notamment économiques avec la fin d’une hyperinflation record, un meilleur approvisionnement alimentaire et l’amorce d’un retour des donateurs internationaux.
Mais le climat est toujours resté tendu entre les anciens ennemis. Outre plusieurs accrochages sur la nomination de hauts responsables ou l’utilisation des fonds alloués au pays, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de M. Tsvangirai n’a cessé de dénoncer la poursuite de la répression contre ses membres. A la mi-octobre, le renvoi en détention sous une accusation de terrorisme du trésorier du MDC, Roy Bennett, vice ministre désigné de l’Agriculture, avait fait déborder le vase. Morgan Tsvangirai avait suspendu tout contact avec le camp présidentiel, jugé "peu digne de confiance".
Il avait alors entamé une tournée régionale pour convaincre les leaders de la SADC, garante de l’accord de partage du pouvoir, de faire pression sur le président Mugabe pour qu’il change d’attitude. Des ministres de la région, puis le chef d’Etat de la République démocratique du Congo Joseph Kabila - qui préside actuellement la SADC - s’étaient rendus à Harare pour rencontrer les acteurs politiques.
Ils avaient décidé de convoquer un sommet de l’organe de sécurité du bloc régional jeudi à Maputo.
"Nous voulons voir les parties réitérer leur engagement à travailler ensemble, à dépasser les défis actuels et à placer (...) l’intérêt national avant tout", avait déclaré le président mozambicain Armando Guebuza à l’ouverture des débats.
"On doit faire tout notre possible pour maintenir la stabilité politique et le flux d’investissements étrangers nécessaire au redémarrage de l’économie du pays", avait-il ajouté. Outre M. Guebza, les présidents zambiens Rupiah Banda, sud-africain Jacob Zuma, congolais Joseph Kabila et le roi Mswati III ont servi de médiateurs.
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WASHINGTON — La fusillade qui a fait 12 morts sur une base militaire américaine risque de porter un sévère coup au moral d’une armée épuisée par des déploiements à répétition depuis des années en Irak et en Afghanistan, et confrontée à un taux record de suicides et de dépressions.
Sombre ironie du sort : le tireur, qui a tué au moins 12 personnes et en a blessé 31 autres à Fort Hood (Texas), est un psychiatre militaire, le commandant Nidal Malik Hasan. Il était sur le point d’être envoyé en Irak et a survécu après avoir été touché par balles lors de la fusillade. Ce massacre, au cours duquel plus de soldats américains ont péri qu’en Irak au mois d’octobre, ne va pas manquer de déprimer un peu plus des forces armées stressées par la violence des combats, la fréquence et la longueur des missions en Irak et en Afghanistan — douze mois de suite, entrecoupés d’une seule permission de 15 jours.
Ces missions à répétition sont considérées comme étant à l’origine d’une forte progression du nombre de suicides dans l’armée américaine. L’an passé, 128 soldats ont mis fin à leurs jours contre 115 en 2007, et le nombre de suicides cette année est en voie de dépasser ce funeste record.
Face à ces statistiques alarmantes, le Pentagone a lancé des programmes de prévention et accentué les efforts de dépistage des problèmes psychologiques, comme le syndrome post-traumatique, et des traumatismes cérébraux provoqués par les explosions ou les chocs violents.
"Je veux briser le tabou autour de ces blessures. Elles sont aussi réelles qu’une jambe cassée ou un bras arraché. Ce ne sont pas des faux problèmes inventés par des soldats faibles", déclarait courant octobre le numéro deux de l’armée de terre américaine, le général Peter Chiarelli.
Parmi les soldats impliqués dans des incidents en Irak ou en Afghanistan, la proportion d’hommes souffrant de syndrome post-traumatique ou de traumatisme cérébral est passée de 38% à 52% depuis août 2008. Et selon le général Chiarelli, environ un tiers des soldats envoyés au front souffriront d’une forme ou d’une autre de syndrome post-traumatique.
Le problème commence à être pris sérieusement en compte. A l’hôpital militaire Walter Reed, à Washington, l’aide psychologique fait désormais partie intégrante des soins prodigués aux blessés revenant des zones de combat. Le personnel médical offre aussi un soutien aux familles d’anciens combattants, fragilisées par les longues absences des militaires et les traumatismes qu’ils rapportent.
"Il est clair que plus vous traitez ces blessures rapidement, plus vous avez des chances de succès. Il y a véritablement urgence" à s’attaquer au problème, a commenté mercredi le chef d’état-major américain, Michael Mullen, lors d’une conférence à Washington. Le plus haut gradé américain reconnaît toutefois que les soldats, baignés dans une culture valorisant les "durs à cuire", sont réticents à demander un soutien.
"Nous devons continuer à briser ce tabou. Parce que c’est difficile d’appeler à l’aide. Et cela se retourne trop souvent contre vous", a fait valoir l’amiral Mullen.
6 novembre 2009
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